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Hip Hop Stories – Les labels – Death Row Records


I – Fast Facts

Death Row était une maison de disques américaine fondée en 1991 par Suge Knight, Dr. Dre, The D.O.C. et Dick Griffey

Le label a fait sensation en lançant des albums hip-hop multi-platine d’artistes de la West Coast tels que Dr. Dre (The Chronic), Snoop Dogg (Doggystyle), Tha Dogg Pound (Dogg Food) et Tupac Shakur (All Eyez on me) au cours des années 1990. 

À son apogée, Death Row gagnait plus de 100 millions de dollars par an. À la fin des années 1990, le label décline après la mort de son artiste vedette, Tupac Shakur, l’emprisonnement du co-fondateur Suge Knight et les départs du Dr Dre et de Snoop Dogg. 

Bien que Death Row a connu un succès financier, il est impliqué dans des controverses, des poursuites et des violences de la part de ses artistes et associés. 

Finalement, Death Row Records a déposé son bilan en 2006 et a été vendu aux enchères à WIDEawake Entertainment pour 18 millions de dollars le 15 janvier 2009.

II – Fondation

Fondateurs du label

Officiellement, le label a été fondé par Suge Knight, Dr Dre, The D.O.C. et Dick Griffey.

Suge Knight

Suge Knight est né le 19 avril 1965 à Compton. Son père est gardien et sa mère professeure.

Doué pour le sport, notamment le football américain, il intègre l’Université du Nevada à Las Vegas de 85 à 87 grâce à une bourse universitaire. Mais à cause d’une affaire criminelle dans laquelle il aurait tiré sur son pote, les 49ers le vire. 

Après la NFL, Knight trouve du travail en tant que promoteur de concerts et garde du corps pour des célébrités. Parmi ses clients, Bobby Brown et D.O.C. 

En 1989, Knight fonde sa propre société d’édition musicale. Son premier gros profit dans l’entreprise est venu lorsque Vanilla Ice (Robert Van Winkle) a accepté de signer les redevances de son tube à succès «Ice Ice Baby», car la chanson comprenait des éléments prétendument écrits par son client Mario Johnson. 

Knight forme ensuite une société de gestion d’artistes et signe des artistes Hip Hop de la West Coast de premier plan comme DJ Quik ou The D.O.C.  C’est grâce à ce dernier qu’il rencontre plusieurs membres du groupe de gangsta rap N.W.A.

Dr Dre

Dr Dre qui travaille d’arrache pied pour Ruthless Records et à contribuer énormément à son succès mais ne se sent pas gratifier à sa juste valeur.

Le prodige Dr. Dre

Il part donc de Ruthless Records insatisfait de ses royalties. Le contrat lui est rendu grâce à Suge Knight et ses menaces.

Suge Knight fonde le label avec Dr Dre 50 – 50. Dre s’occupe de l’artistique et Suge l’aspect business.

Dick Griffey

Dick Griffey a contribué au lancement du label de rap Death Row Records, qui a été cofondé par l’ex-star de N.W.A, le Dr Dre et l’ancien garde du corps Suge Knight. 

Dick Griffey de Solar

Ce sont en effet dans ses studios SOLAR, au troisième étage, que sont enregistrés une partie du premier album de Dr Dre, The Chronic. 

Cependant, en juillet 1997, Griffey et «The D.O.C.» autre ancien rappeur de N.W.A. ont poursuivi Death Row en affirmant qu’ils ont été «expulsés» de leur part dans la propriété et les bénéfices du label par Knight et Dre.

The D.O.C.

Originaire du Texas, The D.O.C déménage à Los Angeles pour poursuivre sa carrière de rappeur. 

The D.O.C.

Ancien rappeur de N.W.A. avec Dr Dre, il a mis en relation celui-ci et Suge pour monter Death Row. Chez Ruthless, il ne se sentait pas payé à sa juste valeur. 

Il est à l’origine de Death Row mais il s’occupe plus de Snoop Dogg. Très bon parolier, il travaille sur l’album le 1er album de Snoop: The Chronic. 

Il devait aussi sortir son album sur Death Row. Mais Suge ne pense pas que ça marchera, car après son accident de voiture il perd de sa voix.

Michael Harris aka Harry O’

Harry O’ est un dealer de drogue et entrepreneur. Dans les années 80’s, il est même surnommé le roi de la coke à L.A. 

Harry O’, le sombre investisseur

Mais il se détourne du game pour monter des affaires plus légitimes. Il investit dans l’immobilier, dirige un service de limousine, une concession de voiture de luxe, une compagnie de construction et un salon de coiffure à Beverly Hills. Il a même produit une pièce de théâtre à Broadway appelée Checkmates. Un des acteurs de la pièce n’est rien de moins que Denzel Washington qui était à ses débuts.

Ses affaires marchent bien, il devient multimillionnaire. Malheureusement, il sera condamné pour tentative de meurtre et emprisonné dans la “San Quentin State Prison”. 

C’est à ce moment-là que Suge Knight l’approche par l’intermédiaire d’avocats en 1991 sur les conseils de J Prince entre autres. Il en résulte un investissement de 1,5 millions de dollars dans le label de Suge qu’il rebaptise Death Row Records.

Lydia Harris 

Femme de Michael Harris elle fonde avec lui Death Row. Comme son mari est en prison, elle le représente dehors.

Lydia Harris

Création du label

Lorsque Suge Knight était parti de Compton, la ville n’était encore une ville de la «middle class» américaine. Quand il revient après son aventure au Nevada, la ville se paupérise en grande partie à cause du crack et de la brutalité policière.

Lui avait toujours bien vécu et était privilégié. Par contre, le milieu de la rue l’a toujours attiré. Aussi il a une tendance à la violence.

Dans ce contexte, le groupe NWA émerge et leurs chansons sont la B.O. des rues de Compton. 

Lors d’un after, Suge rencontre Bobby Brown. Impressionné par le personnage, il devient son garde du corps. Il se met à manager aussi des artistes comme Mary J Blige, Jodeci ou le rappeur Chocolate.

C’est d’ailleurs en obtenant 3 millions de Vanilla Ice pour ce dernier qu’il se fait un nom. La légende dit qu’il aurait pour ça fait suspendre Vanilla Ice du balcon d’un hôtel. Mais ce ne serait qu’une légende justement. L’échange entre Suge et Vanilla a été plus cordial mais néanmoins très intimidant.

Par le biais de The D.O.C., pour lequel il est garde du corps (sans être payé) et son ami, il passe de plus en plus de temps avec les membres de N.W.A. Il voit de ses yeux comment Ruthless fonctionne et cartonne. L’idée lui vient de créer son propre label. Surtout qu’il sait que The D.O.C. et Dr Dre sont mécontents de leurs situations au sein de Ruthless Records.

Suge veut les aider et jette un coup d’œil sur leurs contrats avec des avocats. Ils voient ensemble qu’ils ne sont effectivement pas bien traités par Ruthless. Eazy-E bien évidemment ne veut pas renégocier les contrats. 

Avec The D.O.C, ils arrivent ensuite à convaincre Dre de quitter le label Ruthless et d’en créer un avec lui. Au départ, l’idée était que D.O.C. et Dre font 50-50 et que Suge les aide à administrer et gérer le label.

Après avoir tendu un guet-apens à Eazy-E et menacé d’envoyer des goons chez la maison de sa mère où ses enfants séjournaient aussi. Eazy-E signe la libération de contrat de D.O.C, Dr Dre et Michel’le de chez Ruthless.

Il vont alors s’installer dans un studio chez Solar pour commencer à enregistrer The Chronic. Et commence à avoir des réunions avec le dirigeant Dick Griffy. Une version plus âgée de Suge Knight d’après le D.O.C. Aussi badass et aussi dur en affaires.

Dans le même temps, toujours en 1991, sur les conseils d’entre autres J Prince, il prend contact avec l’avocat d’un célèbre dealer de drogue: Harry O. L’avocat de Harry O est David Kenner. Il organise un meeting dans la prison avec Suge et Harry O.

A la suite des rencontres entre Suge Knight et Harry O, ce dernier investit 1,5 millions de dollars dans GF entertainment. La maison mère de la filiale Death Row.

Harry O suggère à David et à Suge de ne pas mettre son nom sur les contrats pour ne pas attirer les autorités. C’est alors que David Kenner représente les intérêts de Harry O’. Lydia garde ses pourcentages de l’entreprise mère GF entertainment.

A partir du moment où Lydia Harris, David Kenner et Harry O arrivent à Death Row, tout change drastiquement. Le studio est réparé, de nouveaux mobiliers et tapis haut de gamme sont installés. Pareil pour le matériel audio. Dre avait même une liste de souhaits à soumettre. De l’argent est attribué aussi pour trouver des appartements pour les artistes. 

Soirée de lancement de Death Row

Afin de lancer officiellement Death Row, Knight organise une soirée de lancement au très chic restaurant Chasen’s à West Hollywood. Le même restaurant qui accueillait la cérémonie des Oscars. La soirée se déroule le 25 Février 1992. Y sont invités tous les patrons de gros labels de musique de LA et NY. D’ailleurs, la carte d’invitation est une fausse citation à comparaître. 

La soirée sera une réussite.

Des journalistes couvrent l’événement. A l’un d’eux, David Kenner, pompet, fera l’erreur de  mentionner Harry O en tant que contributeur du projet. Une information qui n’échappera pas au F.B.I qui confisque brutalement par la suite la vidéo de l’interview au journaliste concerné.

Dans la foulée, le jeune label signe un contrat d’édition avec Sony.

Dick Griffey mentore le nouveau CEO Suge. Il faut dire que son label n’était pas très organisé et Suge n’avait pas de business plan. En plus, Suge est toujours en retard aux meetings. Et le fait qu’il a engagé les gangsters du Blood Piru pour la sécurité n’arrange en rien. 

Aussi, on peut dire que Suge gère son label plutôt comme une équipe de foot.

III- Histoire du label

B.O. Deep Cover

Cover de la B.O. du film Deep Cover

«Deep Cover» est un single du Dr Dre, réalisé pour la bande originale du film du même nom avec Laurence Fishburne et Jeff Goldblum. Sorti au printemps 1992, le disque est le premier single solo de Dre après son départ du groupe N.W.A. Ce morceau introduit le jeune Calvin Broadus alias Snoop Doggy Dogg, jeune dealer du Rollin 20’S Crips au monde du rap. Un jeune rappeur prometteur qui lui a été présenté par son beau-frère, Warren G. 

The Chronic

Pochette de l’album classique The Chronic

Dr Dre qui s’occupe de la direction artistique du label, travaille d’arrache pied pour son 1er album. Comme Nate Dogg se souvient, « Quand Dre arrivait, c’est qu’il était l’heure de bosser. Que du boulot, pas de blague. »

Et justement, Dre a une idée bien précise de ce à quoi va ressembler son premier album. Il travaille sur un type de son original qu’il a créé quelques années auparavant avec NWA. Le G-Funk. Un son fait de basses Moog et de synthétiseurs électroniques. Le G Funk est dansant, funky avec un tempo assez lent. Snoop Dogg ramène souvent de la chronic, une variété de weed,  ce qui donnera le nom à l’album.

Une fois chronique Dre et le label cherchent un deal de distribution. Mais la situation est difficile. Ice T, avec son titre « Cop Killer », avait créé la controverse. De plus, Dre et son ancien label « Ruthless Records » s’étaient quittés en très mauvais termes.

Mais l’album tombe aux oreilles de Jimmy Iovine d’Interscope, un label aux bords de la faillite. Jimmy aime tellement qu’il n’hésite pas à miser dessus. Non seulement il signe un deal avantageux avec Death Row mais en plus il règle le procès en cours de Ruthless contre Dr Dre à l’amiable en s’affranchissant une grosse avance. Dre devra également verser 10% de ses gains de productions et 15% des gains tirés de ses disques à Ruthless Records pour les 6 ans à venir.

Quand Eazy rappait « Dre day is only Eazy payday », ce n’était donc pas pour rien.

The Chronic sera poussé par les singles « Rat-tat-tat-tat » et surtout « Nuthin’ but a ‘G’ Thang », qui sera deuxième du Top Billboards. « Fuck wit Dre Day » fera également parler de lui en tant que « diss song » envers son ex-compère Eazy-E. Ce dernier répondra avec « Real Muthaphuckkin G’s ».

A sa sortie, le 15 décembre 1992, l’album a un retentissement incroyable, et parvient à inonder le pays entier avec un son résolument californien, faisant du G‑funk le standard du moment pendant presque deux ans. Les douze premiers mois, il s’en vend deux millions de copies.

Dans les remerciements de l’album il y a Harry O. Même si l’accord entre Interscope et Death Row s’est fait sans son accord et qu’il a été écarté du label.

Le thème de l’album est d’ambiance fun mais teinté d’un message politique. Malgré son contenu « gangsta », Suge parvient à faire passer les titres de « The Chronic » en playlist dans les radios. Et surtout dans toutes les couches de la société américaine qui apprécient l’album. Les jeunes blancs aussi bien que les noirs l’adorent. Même la chaîne de TV MTV passe à longueur de journée The Chronic.

The Chronic génère 50 millions de dollars et sauve Interscope.

Doggystyle

Pochette du 1er album de Snoop, DoggyStyle

Contrairement à la légende, Dr Dre n’a pas entièrement produit Doggystyle, mais au mieux la moitié. Ultra-perfectionniste, il n’arrivait pas à respecter les délais de production. Suge Knight a donc chargé Daz des Dogg Pound d’achever l’album. En échange d’un chèque, seul le nom de Dre apparaît dans les crédits.

Le processus de création de l’album a été assez spécial. Snoop s’est fait virer de neuf studios en enregistrant Doggystyle, la faute à ses fréquentations douteuses qui le suivaient partout.

Ensuite, alors qu’il prépare la tournée du The Chronic Tour », en 1993, le garde du corps de Snoop abat par drive-by le membre d’un gang adverse. Snoop Dogg se rend à la police quelques temps plus tard. Les deux hommes sont alors inculpés pour meurtre. 

Suge réussit le tour de force de le faire sortir en payant sa caution 1 million de dollars en attendant le procès. Et en participant à ses frais d’avocat pour 4 millions de dollars au total.

Sa sortie lui vaudra une énorme pub. Et le 23 novembre 1993 il sort son 1er album Doggystyle.

Avec 802 858 exemplaires écoulés, Doggystyle a établi le record de ventes en première semaine pour un nouvel artiste solo. (Il faudra attendre dix ans et la sortie du Get Rich or Die Tryin’ de 50 cent pour qu’il soit détrôné). Il sera numéro 1 devant Sinatra !

L’album se vend au final à plus de 5 millions d’exemplaires. 

La pochette de l’album de Snoop Dogg  est l’œuvre de Darryl « Joe Cool » Daniel, le cousin de Snoop, qui la réalise entre deux séjours en prison. Elle se veut un hommage à l’influence musicale principale du disque : « Atomic Dog » de George Clinton.

Dans ce morceau, Clinton demande pourquoi la nature des hommes, représentés par des chiens, est de pourchasser les chats, qui représentent les femmes. Des paroles reprisent par les trois chiens au sommet de l’image de la pochette de l’album «Doggystyle». Le chasseur de chien sur le côté est aussi une référence au morceau dans lequel Clinton parle d’une danse appelée « The Dog Catcher ».

Tout comme le contenu de l’album, la pochette de «Doggystyle» est considérée comme avilissante pour les femmes.

Le flow de Snoop est nonchalant, le thème, le son est dans la continuité de The Chronic de Dr Dre. Il n’y a pas de déchet dans l’album.

Ce n’est absolument pas un hasard si Snoop est le premier artiste que l’on entend sur The Chronic : il s’agissait d’une stratégie pour mettre en lumière celui dont l’album était prévu juste après. Idem sur Doggystyle, où la première voix entendue est celle de Lady of Rage.

Côté justice, il est défendu par le célèbre avocat Johnnie Cochran (celui-là même qui avait fait libérer O.J. Simpson), les deux hommes plaident la légitime défense et seront acquittés en 1996 suite à un procès ultra-médiatisé.

Le label de la West Coast

Lady Of Rage

La jeune rappeuse Lady Of Rage

À l’époque, le L.A. Posse, un groupe de producteurs composé de Muffla, Big Dad, DJ Bobcat et DJ Pooh ont produit plusieurs artistes au sein de leur groupe, dont MC Wind et The Real Roxanne. Ils avaient également plusieurs relations avec différents labels dont Def Jam par exemple. 

C’est ainsi que le groupe commence à travailler avec The Lady Of Rage. Elle fréquente souvent le Chung King Studio pour y travailler son flow, son écriture et enregistrer des titres. En 1991 Rage exécute ses premières performances vocales sur son album The One avec le morceau morceau « Bring Em Home Safe » (qu’elle enregistre par ailleurs sous le nom de « Rockin’ Robin’ »).

Dr Dre la découvre après avoir entendu sa voix qu’elle a enregistrée pour le film de L.A. Posse They Come in All Colors en 1991. Dre l’invite alors sur plusieurs titres de l’album de The Chronic en 1992, et sur Doggystyle de Snoop Doggy Dogg en 1993.

Le 26 juillet 1994, elle sort le tube «Afro Puffs» (de la bande originale à Above the Rim) qui atteint la 5ème place du palmarès Billboard Hot Rap Singles. Elle fait également une apparition sur l’album Dogg Food de Tha Dogg Pound sur le morceau «Do What I Feel». 

Bien qu’elle ait fait plus d’une douzaine d’apparitions sur des bandes sonores ainsi que des albums de ses collègues chez Death Row Records, Lady of Rage ne sort pas son propre album avant 1997. Il se nommera «Necessary Roughness», il sort en juin. L’album culmine à la 7e place du palmarès Billboard R&B Album et 32e au palmarès Billboard 200 Albums. A l’origine, son album solo devait s’appeler «Eargasm» mais a été continuellement repoussé. Il aurait dû sortir à la base juste après The Chronic.

Nate Dogg

Le crooner Nate Dogg

Nathaniel fait ses débuts comme enfant de chœur dans l’église de Clarksdale dans le Mississippi, où son père, pasteur, donne la messe. 

A l’adolescence, il est déjà inséparable des ses amis Warren Griffin (alias Warren G), Calvin Broadus (son cousin Snoop Doggy Dogg) et Goldie Loc. Après ses études, il rentre dans les marines. Il sera basé à Okinawa au Japon. Il revient en Californie après avoir servi près de 4 ans à l’armée.

En 1990, Nate Dogg et ses acolytes de toujours forment le trio appelé «213». Ils enregistrent leurs propres démo. chez la boutique VIP records, où Nate y est vendeur. Et elle atteint finalement les oreilles de Dr Dre à une Bachelor Party. 

Il rejoint les Rollin’ 20’s Crips où il retrouve ses amis. S’en suivent quelques démêlés avec la justice et une carrière sur les chapeaux de roues.

On l’entendra sur «The Chronic». Puis en 1993 pour l’album de “Doggystyle” de Snoop Dogg sur le single «Ain’t No Fun». En 1994, il est en featuring avec Warren G sur «Regulate». En featuring avec Tupac. Par contre, son premier album ne sortira qu’en janvier 1998. Et à ce moment-là, la côte de la côte Ouest n’est plus ce qu’elle était.

L’album sera seulement dans sa plus haute position à la 58ème place dans le «Billboard 200» et 20ème dans le top «R&B/Hip Hop Albums».

All Eyes On Me

Pochette de l’album All Eyez On Me

En 1995, la star du rap 2Pac est en prison. Il est détenu à la prison «Clinton Correctional Facility» de New York. Il y purge sa peine depuis un an pour agression sexuelle. 

L’affaire remonte à 1994 où une femme porte plainte car 2Pac et des amis à lui l’auraient violé dans une chambre d’hôtel. 

Son troisième album, Me Against the World, sort juste après son incarcération. Et il atteint des records de ventes. Il s’en écoule 240 000 copies juste la première semaine. Finalement, il devient multi-platine. Il devient alors le 1er artiste à être numéro 1 tout en étant en prison.

En raison de tous ces frais juridiques, il ne peut pas payer sa caution. Mais Suge Knight a un plan. Il propose à 2Pac de lui payer sa caution en échange de signer chez Death Row pour 2 albums. Ce que 2Pac accepte. 

Sa caution s’élevait à 1,4 millions de dollars. Grâce à la contribution de Suge Knight (estimée à environ 250 000$) et de ses relations (Interscope et Atlantic Records entre autres), il arrive à faire sortir 2Pac de prison.

À sa sortie de prison, Tupac Shakur retourne immédiatement en studio. Tupac forme un nouveau groupe baptisé Outlaw Immortalz. Tupac Shakur commence à enregistrer son premier album avec Death Row et sort le single «California Love» peu de temps après. Le 13 février 1996, Tupac Shakur lance son quatrième album solo, «All Eyez on Me», le premier double album de l’histoire du hip-hop qui soit composé uniquement de titres originaux. 

L’album est construit comme un blockbuster, un rouleau compresseur. L’album est très bien produit. Les 2 disques sont remplis de hit en puissance. Et tout ça se ressent sur les chiffres de ventes.

Le disque entre directement en première position et est certifié quintuple platine au cours de l’automne, se vendant finalement à plus de neuf millions d’exemplaires aux États-Unis.

Départ de Dre

On peut dire que l’année 1996 marque le début de la fin pour le label. Dr Dre en a ras le bol de l’ambiance au sein de Death Row qui n’est pas propice au travail. Il faut dire que des scènes d’orgies, de gang et de violence se déroulent dans les studios.

Dr Dre, lui, ne veut que faire de la musique et s’y adonner à fond. Il quitte Death Row le 22 Mars 1996 et grâce à un deal avec Interscope, il crée son propre label “Aftermath Entertainment” dont il est le seul aux commandes.

Guerre East Coast vs West Coast

Une des dernière photo de 2Pac vivant

En 1991, Tim Dog, un rappeur du Bronx, frustré de la place que prend le rap de la West Coast lance un clash intitulé «Fuck Compton». Dans celui-ci, il s’attaque en particulier à chacun des membres de N.W.A. Moquant leurs coupes de cheveux, leur façon de s’habiller, leur soi-disant manque d’authenticité.

Eazy-E en prend pour son grade mais n’a jamais répondu. Au contraire, plusieurs artistes de Compton ont répondu dont Dre et Snoop.

En 1993, l’entrepreneur Sean Combs alias Puff Daddy crée Bad Boy Records à New-York. Rapidement avec son poulain, le rappeur «The Notorious B.I.G.», ils explosent et remettent NYC sur la carte. Le rappeur natif de New York, 2Pac et Notorious BIG nouent une amitié. Les 2 rappeurs sont au top. Mais cette amitié prend fin lorsque 2Pac se fait tirer dessus par des braqueurs de chaîne dans le hall du building où il devait retrouver Diddy et B.I.G. 2Pac les accuse d’être à l’origine de cet incident. De plus, coincidence ou pas, le single «Who Shot Ya?» sort tout juste en face B du single «Big Poppa». Bien que les accusés nient toute implication, 2Pac ne décolère pas surtout qu’il voit en la sortie de «Who Shot ya?» une preuve et une provocation.

En Août 1995, se déroule les «Source Awards», cérémonie de récompenses du Hip Hop organisé par le magazine du même nom. Sont présents tout le gratin du Hip Hop. La cérémonie commence par un show spécial «Death Row» avec un décor et une mise en scène impressionnante.

A la surprise générale, Suge lâche cette bombe : 

« Tout artiste qui veut être un artiste et rester une star, et qui n’a pas à s’inquiéter du fait que le producteur exécutif essaie d’être tout dans les vidéos … Tout sur les disques … danser, venez à Death Row ! «  

Cette sortie vise Diddy et Bad Boy Records. En effet Puff Daddy avait tendance à s’incruster dans les clips vidéos de ses artistes et à faire des ad-libs dans leurs chansons. La cérémonie se tenant à New York, le public a pris les commentaires de Knight comme des tirs visant la scène entière de la East Coast et ont abouti à des huées de la foule.

Ensuite, lorsque Dr Dre gagne le prix du producteur de l’année, Snoop monte avec lui et se confronte à la East Coast. La tension monte encore d’un cran même si Dre essaie de calmer les choses.

Puffy, lui aussi, adresse au public un message d’apaisement. Aucun incident n’est à déplorer au sortir de la cérémonie mais la tension est palpable.

Lors d’une fête de Jermaine Dupri à Atlanta, un proche de Suge se fait tuer par balles. Suge accuse Diddy également présent d’être responsable de sa mort.

Pendant le même temps, tous les médias font monter la sauce en publiant des articles sur la rivalité East Coast vs West Coast. Et aussi, dramatiquement les gangs et la rue s’en mêle. A partir de là, la guerre prend une autre dimension et n’est plus seulement commerciale ou artistique. 

De plus, après l’histoire de la fusillade contre 2Pac à New York, la rivalité se cristallise autour de Biggie et 2Pac. 2Pac sort plusieurs diss contre Biggie dont le célèbre “Hit ‘em up!”.

En parallèle, Snoop Dogg et le Dogg Pound viennent à New York clipper le titre «New York, New York». Lors du tournage, une des caravanes est prise pour cible de plusieurs coups de feu. Dans le clip, Snoop et ses acolytes sont représentés en géants qui écrasent les buildings de New York.

Le 7 septembre 1996 à Las Vegas, quelques heures avant le combat de boxe entre Mike Tyson et Bruce Seldon, une altercation éclate entre 2Pac et Orlando Anderson aka Baby Lane. Un membre des Crips. Un des plus dangereux gang des Etats-Unis. En fait, en l’apercevant, Tupac s’est jeté sur lui. La raison : quelques mois auparavant, Anderson et ses potes ont volé un membre de l’entourage de Death Row dans un Footlocker. Les caméras de surveillance filme l’attaque.

Après le match, 2Pac et Suge décident d’aller en boîte s’amuser. Mais ce qu’ils ne savent pas c’est que Orlando accompagné de son oncle et d’un autre gangster ont sillonné les rues pour les trouver. Allant même se poster devant le club où doivent se rendre 2Pac et Suge. Ils allaient abandonner la recherche rentrer lorsqu’ils croisent des voitures de fan acclamant 2Pac sur la route. Il venait juste de croiser leur cible… Ils font alors demi-tour et au feu rouge à niveau de la voiture de 2pac et Suge, un des gangsters dans la voiture ouvre le feu puis ils s’enfuient. Les 2 protagonistes sont touchés. 2Pac sera touché de 5 balles. Il est emmené à l’hôpital et y décède 6 jours plus tard. C’est un choc pour tous les fans du Hip Hop. Personne ne veut y croire, et pourtant 2pac est bien mort. Suge, lui, s’en tire avec des blessures superficielles malgré qu’il pensait être touché à la tête. 

La voiture de Suge et 2Pac après la fusillade

Notorious B.I.G. son rival est bouleversé par l’assassinat de 2Pac, il se dit aussi qu’il pourrait être le prochain. Puff Daddy, paniqué lui aussi, a failli s’enfuir de New York. 

Des rumeurs circulent immédiatement par la suite selon lesquelles Wallace se serait impliqué dans son assassinat. 

Les mois passent et Notorious prépare la sortie de son 2ème album. Durant sa promo, il doit se rendre à L.A. pour les Soul Awards. Mais la situation est encore chaude.

Malgré que plusieurs personnes essaient de les persuader de ne pas s’y rendre et d’abandonner dont sa mère, BIG et Diddy décident quand même de s’y rendre. Jay Prince les avertit même qu’il a entendu qu’il se trame quelque chose dans la rue.

Il assiste quand même à la cérémonie et plus tard dans cette soirée du 8 mars 1997, toujours dans le cadre de sa promo, il se joint à une soirée organisée par le magazine Vibe. Il y est accompagné par Lil’ Cease (membre de Junior M.A.F.I.A) et Diddy et il en sort vers 0 h 30. De la même façon que pour 2Pac, Biggie se fait tirer dessus à un feu rouge par un drive-by shooting. 5 coups de feu sont tirés et 4 touchent le rappeur à la poitrine. Il est déclaré mort à 1h15.

Moins de six mois après l’assassinat de 2Pac, c’est Notorious B.I.G. qui est exécuté le 9 mars 1997 à Los Angeles. Son second album sort deux semaines après sa mort avec un titre prémonitoire : “Life after Death”.

La violence est elle que la Nation Of Islam s’en mêle et tente de désamorcer la violence. Louis Farrakhan organise des sommets pour désamorcer la violence les 22 Septembre 1996, après la mort de Tupac et le 9 Octobre 1997, après celui de The Notorious B.I.G. Plusieurs acteurs du Hip Hop y sont invités.

Déclin du label

A partir de 1995, les problèmes judiciaires pleuvent sur Suge Knight et Death Row. 

Malgré les ventes faramineuses réalisées, il manque 4 millions de dollars dans la caisse en 1996. La faute au train de vie somptueux destiné à promouvoir le standing du label. Suge Knight fait alors signer à son comptable, une “confession” où ce dernier avoue avoir détourné la somme et promet de la rembourser.

Le label est poursuivi de nombreuses fois en justice pour des problèmes de gestion. L’ATF, le FBI et d’autres institutions américaines s’intéressent à l’affaire Death Row. Le label est suspecté d’avoir été créé grâce à des fonds issus du trafic de drogue. Une preuve accablante est l’interview de David Kenner remerciant Harry O’.

Le 22 octobre 1996, Knight a été envoyé en prison dans l’attente d’une audience sur la violation de probation qui s’est produite le 7 septembre 1996 lorsque Suge Knight et son entourage de Death Row, dont Tupac Shakur, ont attaqué Orlando Anderson, un membre de gang. Suge Knight a ensuite été condamné à neuf ans de prison le 28 février 1997 pour violation de probation. Ce qui amène Interscope à stopper leur deal de distribution avec le label.

A partir de 1997 : Départs en cascade

No Limit Records, label dirigé par Master P, l’un des dirigeants, rappeurs et cinéastes self-made les plus réussis du hip-hop fait une annonce. Il vient de signer Snoop Doggy Dogg sur son label. Il déclare aussi que le 4 août, il sortira le 3ème album de Snoop Dogg, «Da Game Is to Be Sold Not Be Told».

C’est un nouveau coup dur pour le label, après avoir perdu Dr Dre, Tupac, Kurupt et Nate Dogg c’est au tour de Snoop Dogg de quitter le navire.

Après la sortie de son album solo, The Lady of Rage quitte aussi Death Row. Daz Dillinger lui par en 1999. 

2002 : Death Row est l’ombre de ce qu’il était

Suge Knight contrôle le label de derrière les barreaux a lancé des campagnes de dénigrement contre ses anciens artistes, notamment Snoop Dogg. 

Le label ne sort que des fonds de tiroirs obtenant des succès divers. Des albums posthumes de 2Pac sortent. Et beaucoup de rééditions et de compilations à l’image de «Suge Knight Represents: Chronic 2000». 

Suge sera libéré en anticipé de prison le 6 août 2001. D’ailleurs le label sera rebaptisé en «Tha Row».

Kurupt revient sur le label début 2002 en tant que vice-président. Occasionnant des disputes avec Daz Dillinger et Snoop.

Il signe de nouveaux talents, dont Crooked I mais pas grand monde ne verront leur album sorti chez «Tha row».

Left Eye signe avec Death Row pour enregistrer son deuxième album solo sous le pseudonyme N.I.N.A. (New Identity Not Applicable) mais a été annulé après sa mort en avril 2002. 

Après 5 ans, Kurupt quitte une nouvelle fois Death Row.

Fin du label

Harry o et Lydia Harris attaquent Suge en justice. En 2005, ils gagnent le procès et Suge Knight doit leur payer 113 millions de dollars.

Le 4 avril 2006, Death Row Records et Suge Knight ont simultanément déposé une demande de protection contre la faillite. Parmi les créanciers non garantis de Death Row figurent les Harris, l’Internal Revenue Service (6,9 millions de dollars), Koch Records (3,4 millions de dollars), Interscope Records (2,5 millions de dollars) et un certain nombre d’artistes précédemment signés sur le label. 

Suge Knight perd finalement le contrôle de Death Row Records et de ses biens personnels.

IV – De nos jours

Death Row est un des labels les plus influents des années 90’s. Le label Californien compte plus de 150 millions d’albums écoulés qui ont rapporté près de 750 millions de dollars.

Durant les quatre premières années, ils ont vendu 18 millions d’albums et gagné plus de 325 millions de dollars. 

Avec Ruthless Records, Death Row a forgé le son de la Californie et de l’ouest des Etats-Unis. Un son particulier, funky avec des paroles crues. C’est le label de ce qu’on appelle le Gangsta rap.

Le label a vu passé parmi les artistes les plus influents du rap game. Pour certains encore en activité aujourd’hui. 

Mais on peut avoir un goût amer en voyant comment cette entreprise pleine de succès s’est terminée. 

Suge Knight avait beaucoup de bonnes intentions et projets comme la création de «Death Row East» ou bien d’un syndicat du Hip Hop qui était en réflexion en commun avec Irv Gotti et J Prince. Mais les méthodes violentes de Suge et son association avec le gang des Bloods et le milieu criminel lui ont valu sa perte et celle de son label.

Aujourd’hui le label a changé de main et appartient maintenant à Hasbro. Et Suge Knight, lui est emprisonné pour une affaire de meutre commis durant le tournage du film «Straight Outta Compton» mettant en scène le parcours du groupe de rap N.W.A.

Triste fin pour Suge Knight – 28 ans de prison

V – Artistes signés

Dr. Dre (1991-1996)

Suge Knight (1991-2006)

Snoop Doggy Dogg (1991-1998)

2Pac (1995-1996)

Tha Dogg Pound (1992-2000)

Tha Outlawz (1996-2000)

Above the Law (1999 – 2002)

Bad Azz

Big Pimpin’ Delemond

Chocolate Bandit

CPO Boss Hogg

Crooked I

Danny Boy

DJ Quik

Eastwood

Gail Gotti

Gina Longo

Jewell

J-Flexx

J. Valentine

K-Solo

The Lady of Rage

Lakey the Kid

LBC Crew

Lisa « Left Eye » Lopes

Lil’ Bow Wow

MC Hammer

Michel’le

Nate Dogg

O.F.T.B.

Petey Pablo

Prince Ital Joe

Ray J

RBX

Sam Sneed

Super Krazed Goddess

Soopafly

Spider Loc

Swoop G

The D.O.C.

Tha Realest

Top Dogg

Tray Deee

Val Young

Young Soldierz

VI – Hits

Afro Puff – Lady Of Rage (1994)

Nuthin’ but a « G » thang – Dr Dre feat. Snoop Dogg (1992)

Who Am I (What’s my name) – Snoop Dogg (1993)

Fuck Wit Dre Day (And Everybody’s Celebratin’) (1993)

How Do U Want It – 2Pac ft KC & Jojo (1996)

California Love (Remix) – 2Pac feat. Dr. Dre & Roger Troutman (1995)

Natural Born Killaz – Dr. Dre feat. Ice Cube (1994)

Ambitionz Az A Ridah – 2Pac (1996)

Gin & Juice – Snoop Dogg ft Dr. Dre (1993)

Still D.R.E – dr. dre ft Snoop Dogg (1999)

Keep Their Heads Ringin’ – Dr. Dre (1995)

Doggy Dogg World – Snoop Dogg (1993)

VII – Aller plus loin

https://podcasts.apple.com/fr/podcast/michael-harris-a-k-a-harry-o/id1356596523?i=1000408555671

La faillite (5/5): Gangsta rap et gros sous. La faillite du label de rap US « Death Row »

K Dubb: How Death Row got to Solar Records + Misconceptions of Suge Knight

K Dubb: « The Original Members of Death Row was Me, Suge Knight, D.O.C, Dr. Dre, and Big Wes »

The D.O.C: « Dre Was The Key, How Could You Do That » Eazy E, Dre, and Cube + The Forming of Death Row

Top Attorney – David E. Kenner

Death Row Records founder Michael « Harry O » Harris could be finally coming out of prison after 31 years

Possible Link of ‘Puffy’ Combs to Fatal Shooting Being Probed

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ruthless_Records_(Los_Angeles)

https://www.vanityfair.com/hollywood/2015/12/lydia-harris-death-row-cookie-lyon

https://www.thesun.co.uk/news/11512326/bombshell-file-tupac-murder-released/

https://archive.vn/20060326170801/http://www.murderdog.com/archives/doc/doc.html#selection-607.480-623.760

https://en.wikipedia.org/wiki/L.A._Posse

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Lady_of_Rage

https://hiphopdx.com/editorials/id.1899/title.souljas-story-10-hip-hop-artists-who-served-their-country

http://www.mtv.com/news/1672252/irv-gotti-suge-knight-union/

Une réponse sur « Hip Hop Stories – Les labels – Death Row Records »

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